**********Je rentrais pour la première fois dans cet établissement: «L'Hermihier». Mon MP3 sur les oreilles, je me dynamitais les tympans en écoutant «HOT» d'Avril Lavigne. En Floride, la chaleur débordante d'énergie et le soleil perpétuel me procurait, depuis mon arrivée une sensation de cocon, d'abris, de maison où il y aurait toujours deux c½ur à s'ouvrir, deux genoux sur les quels s'asseoir, toujours deux visages heureux et aimant à contempler. Ce climat m'apportait tout ce dont je rêvais depuis mon plus jeune âge. Le chef d'établissement me fit visiter les locaux avec une fierté des plus respectables. Cette institution se découpait en U. Au centre toute l'administration, l'aile droite comportait les salles de cours et les sanitaires. L'aile gauche, elle, était réservée aux sports et aux divertissements – salles de projections, cours de tennis, piscines...-
*****Je suivis les cours dès le lendemain. Dans ma classe, dix des onze filles avait un sac agrémenté de deux filins rouges et noirs ou verts et bleus. Sur le moment, je me demandais si c'était un phénomène de mode et décidai ensuite que le moment était mal choisi pour penser shopping. Je me forçais à écouter quand mon regard se porta sur deux de mes camarades, je me focalisais alors sur ces dernières. Antipodes au possible, l'une était imbue de sa personne et sortait apparemment de chez son coiffeur –elle parlait tellement fort que tout le monde devait pouvoir l'entendre s'étendre sur le grave problème des coiffeurs en qui on pouvait avoir confiance ou non pour ce qui était des dernière tendances capillaires.- Elle cherchait apparemment à se rendre classe et paraissait y parvenir pour la grande majorité de l'institution. Pour ma part, elle représentait une source de bavardages non-justifiés et incohérents. C'était le genre de peste qui, quant elle passait dans un couloir se permettait de faire écarter tout le monde pour que "sa bulle d'intimité" soit préservée. L'autre, son opposée, était belle mais inconsciente de sa beauté. Elle était le prototype de l'artiste solitaire et transparente qui laisse tout le monde indifférent. A en juger sa salopette, elle peignait -ou peut-être faisait-elle de la poterie?- Je fus stoppée dans mes rêveries par Mr STROMB qui m'avait déjà interpellée deux fois. Il était rouge de colère et moi, ignorante de son syndrome lui demandais si tout allait bien. Ayant blessé son ego, il m'envoya en salle d'étude pour le reste du cours. Trente minutes! Quelle horreur! J'allais m'ennuyer alors qu'en cours je pouvais au moins imaginer la vie de mes camarades, leurs relations entre eux... Espérons que je ne sois pas seule –vouée au pain et à l'eau dans un cabinet noir comme mon homonyme- là-bas. Arrivée au bureau de la surveillante, mes geigneries moururent pour laisser place à un immense sourire qui fendait mon visage, Je rencontrais Mme Anita pour la première fois :
« He bien! Melle IRELING, Jeanne si je ne m'abuse. Vous commencez bien! Votre premier cours ici ne s'est même pas terminé. (Mme Anita)
- Oui je dois bien le reconnaître... Où puis-je m'asseoir? (Jeanne)
- Où tu veux. Ne t'inquiète pas, avec moi tu ne risque rien. Je connais bien ta mère tu sais? (Mme Anita)
- Ah bon? Je l'ignorais. Merci pour le renseignement. (Jeanne) »
Elle prononçait ces phrases avec une moue d'indulgence, de compréhension et d'espièglerie –de celle qui ne respecte le système que pas obligation et non par foi en celui-ci.-
*****Mme ANITA me plut énormément et je l'en remerciais. C'était si dur de trouver quelqu'un plaisant après avoir été mise à la porte d'un cours comme une jeune fille arrogante et détestable. Je m'assis au dernier rang. C'est alors que je remarquais un garçon. Il était superbe certes, mais pas radieux. Il n'inondait pas la joie ou même le bonheur. Au contraire, cette source paraissait ce tarir au fur et à mesure que ses yeux, voyant les messages du monde, se remplissaient de visions contradictoires. Il était blasé, fatigué de joué un rôle qui n'était pas le sien. Dans cette société où l'image, la réputation et le nom que vous portez font de vous quelqu'un ou non, il ne trouvait pas sa place. Mes yeux scrutèrent plus avant ses cheveux, d'un noir de jais, ils étaient parsemés de mèches rouges. Ceux-ci étaient lisses, longs et brillants. Ses traits m'étaient familiers, apaisants, j'étais heureuse de le voir. L'impression de toujours l'avoir connu me submergea. Quant il se tourna vers moi je fis volte face. Un air gêné se peignit sur mon visage. Il rit, je l'entendais distinctement rire de moi. Me retournant prestement, lui faisant face, je bafouillai:
« c'est moi qui te fais rire ? (Jeanne)
- Oui c'est toi. Ha, ha! On voit bien que tu es nouvelle. (...)
- Et pourquoi ? (Jeanne)
- Parce que, ici les seules personnes autorisées à nous dévisager ainsi sont nos admiratrices. (...)
- Nous ? Alors comme ça vous n'autorisez que vos fans à vous reluquer...euh... je veux dire à vous admirer...? (Jeanne)
- Moi et mon frère Julien. Et non, ce n'est pas nous qui n'autorisons personne d'autres se sont elles, nos groupies. (...)
- Ha. Ok je vois ce que tu veux dire... (Jeanne)
• DRING...DRING...DRING
- Salut et bonne chance pour la suite. Il me fit un clin d'½il plient de bonnes intentions pendant qu'il prononçait ces mots. Au fait je m'appelle Romain... (Romain) »
*****Mon dieu! Mais où avais-je atterrie? Pourquoi devrais-je supporter de jeunes filles en émoi devant deux beaux garçons? Au fond si Julien était aussi mirifique que son frère je les comprenais un peu... Il m'intriguait, pas comme un garçon qui me plait, non, plutôt comme une énigme. La journée se termina sans anicroche. Quant je la racontais à ma mère, elle se mit à rire mais, me morigéna pour mon attitude au près de Mr STROMB. Je ris de tout c½ur avec elle au sujet des courtisanes de Romain et de son frère. Me souhaitant bonne nuit, elle m'enlaça me privant presque d'air. Je l'aimais tellement. Jamais je ne permettrais à quiconque de la blesser.